22.7.17

F.POLISARIO: JOUER À L’ÉPOUVANTAIL EN GÉNÉRAL, ET FAIRE SEMBLANTS DANS LE CAS DE GDEÏM IZIK EN PARTICULIER.

par Maître Takioullah Eidda

Lors de la crise de Guergarete, j’étais de ceux et celles qui ont soutenu le fait que le F.Polisario est, de facto, responsable de la gestion et du contrôle de la partie du territoire se trouvant sous son autorité, le tout dans le but de mettre en œuvre les modalités de l’accord du cessez le feu, en attendant les résultats définitifs du référendum d’autodétermination à venir.

Évidemment, cette légitimité du F.Polisario, comprend, quant à moi, non seulement le devoir de réguler, mais aussi celui de contrôler et d’imposer les modalités nécessaires et efficaces, y compris des frais aux voyageurs passants et aux transporteurs transitaires dans la zone de Guergarete.

Le fait d’exercer de tels pouvoirs, n’est en fait qu’une contre partie de ceux exercés par le Maroc dans la partie du Sahara Occidental qu’il occupe illégalement en matière de taxation, directe et indirecte, d’exploitation des ressources et d’exportation de celles-ci, suivie d’encaissement des dividendes, et ce, sans se soucier le moindrement des besoins des populations locales, d’où le soulèvement de Gdeïm-Izik.

Malheureusement, et au premier brouhaha venant de New York, ou je ne sais d’où, le F.Polisario, dompté à la passivité chronique qu’on lui connait, a plié bagages fuyant sur ses genoux pliés, laissant la petite lueur d’espoir sahraouie se faire emporter par le torrent de boue enfanté par les mensonges de l’occupant.

Aujourd’hui, le F.Polisario revient à la charge, en verbalisant officiellement qu’il entend remettre à l’autorité internationale de l’Interpol les 19 trafiquants de drogue marocains, capturés récemment en pleine activité dans la région de Guelta-Zemour.

Au-delà du folklore de l’Union Africaine, se pose alors les questions élémentaires suivantes:

1) Y a t-il un État sahraoui?
2) Cet État dispose t-il d’institutions effectives constituantes de son autorité?
3) Dispose t-il des moyens et jouit-il réellement de sa souveraineté décisionnelle?

Si oui, pourquoi ne pas juger les 19 marocains, au regard de la gravité de leur crime, devant ses tribunaux et suivant les lois adoptées par ses propres institutions?

Chose est certaine, un État, dans le vrai sens du terme, assume ses responsabilités et ne les abdiquent jamais aux autres.

Et, dans ses rapports avec les autres, particulièrement ses ENNEMIS, un État applique rigoureusement la règle de la réciprocité.

Or, ce qui est étonnant, voire outrageant, c’est de voir le Maroc «juger partialement» et «condamner horriblement», à la face du monde, des sahraouis pour le seul crime d’avoir décrié son occupation et son injustice politique et social à l’égard des populations du territoire.

Devant un tel acte, le F.Polisario n’a trouvé à faire aux trafiquants de drogue marocains, corrupteurs de la conscience de la jeunesse et cancer de la cause du peuple sahraouie, que de les remettre tout bonnement à l’autorité de l’Interpol.

Si cette décision se matérialise, elle constitue objectivement un aveu d’impuissance, une absence d’autorité, un manque flagrant de jugement, voire un mépris pour la cause du peuple sahraouie et à la voie de son dénouement.

Maître Takioullah Eidda,
avocat Montréal, Canada
eidda.avocat[at]eidda.ca
22.07.17
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1 comentario:

Saharauis Indignados dijo...

Wallahi ella hah7, la vérité telle qu'elle est, notre vision est devenue tellement étroite qu'on ne sait plus ce que nous sommes, parfois FPolisario, oubliant que nous sommes un pays à part entière dans l'unité africaine. El Militante Lahaye