9.1.13

Réponse à Mohamed Sidati

 par Haddamin Moulud Said
 [traduction de l'article: Respuesta a Mohamed Sidati]

De l'ensemble du texte de la lettre redigée par Ould Sidati et publiée sur ARSO, il n'y a que le cinquième paragraphe qui mérite d'être retenu, où, jusqu'à présent, il persiste à balancer un flagrant mensonge conçu par la propagande ennemie, dans lequel il affirme la vérité d'une information que même ses concepteurs marocains n'y croient plus.
Dans le seul but de motiver la nécessité de répondre à cette lettre rédigée, sans aucun doute, par Mohamed Sidati, le Ministre chargé de l'Europe, nous allons établir les faits suivants:
Premièrement -. L'information sur la nomination par le Parlement Européen d'un Rapporteur Spécial pour les droits de l'homme au Sahara Occidental, est une histoire qui a été générée exclusivement par des médias digitaux marocains à partir du 20 Décembre 2012 .
La façon dont Ali Lmrabet avait publié l'information attirait particulièrement  l'attention. Puisque, partant de l'éventuelle véracité de la nouvelle, Lmrabet, est allé directement se poser des questions sur le silence suspect du Maroc et du Polisario face à la décision du Parlement Européen. Cette approche donnait autant de crédit à l'information que tout lecteur peu prudent, comme c'était le cas d'Ignacio Cembrero, pouvait avaler la véracité de la nouvelle sur la nomination du Rapporteur spécial.
Deuxièmement -. Le 24 Décembre 2012, la version arabe du SPS publiait l'information, mais, à juste titre, elle cite sa source, Al Quds Al Arabi, édité à Londres.
Le soir, l'information est relayée par le journal télévisé de RASD-TV, en se basant, bien sûr, sur la dépêche de la SPS.
C'est-à-dire, ce n'est pas le Ministre Délégué pour l'Europe qui a informé nos médias sur cette soi-disant importante information. En fait, lorsque les soupçons ont émergé sur l'authenticité de la nouvelle, Ould Sidati, loin d'être dans les sièges glacés du Parlement Européen à Bruxelles ou à Strasbourg, était à la recherche du chaud dans ses sanctuaires de l'Italie.
Troisièmement -. C'est une fois lancée l'alerte sur la fausseté de l'information que Ould Sidati a été contacté par Rabouni pour être questionné. Et depuis l'Italie, il a confirmé la véracité de l'information.
C'est à ce moment-là qu'une ambiance de chaos commence à faire ravage, en particulier dans les médias sahraouis.
C'est vrai que l'alerte sur la fausseté de cette information était accompagnée d'une telle batterie d'arguments qu'elle ne laissait à Ould Sidait qu'une seule option : présenter une preuve concluante sur la nomination par le Parlement Européen d'un Rapporteur Spécial. Chose qu'il n'a jamais faite.
En manque de cette preuve, il a rendu tout le poids de l'affaire sur sa propre crédibilité en tant qu'homme et en tant que politicien. En d'autres termes, Ould Sidati a mis en gage sa propre crédibilité dans la fausseté ou la véracité d'une information fabriquée par l'ennemi. Il a pris l'affaire comme un bras de fer entre lui et un chroniqueur d'ARSO.
Le Secrétariat National sahraoui, lors de sa session ordinaire du 06 janvier 2013 (1), dans son communiqué officiel oú il fait le bilan des évènements les plus importants de l'année écoulée, a tranché sur la question en évitant toute référence à une désignation imaginaire par le Parlement Européen d'un inexistant Rapporteur spécial pour le Sahara occidental.
Et, dans son verdict, le Secrétariat National sahraoui, a été si dur que Ould Sidati, pour soulager sa douleur, n'a eu d'autre choix que de se remettre à Tiznit (100 km au nord de Goulimim) en quête de la baraka d'un Saint .
Le Secrétariat National sahraoui, devenu à cette occasion une sorte de Cour d'Appel, a dû examiner les arguments de part et d'autre.
A) - La partie qui confirme la véracité de la nouvelle, a avancé les arguments suivants:
A.1) -. Sa propre parole. C'est-à-dire, sa crédibilité et son autorité en tant que Ministre Délégué chargé de l'Europe;
A.2) - Plus tard, il a ajouté deux arguments qui allaient, alors, devenir son propre tombeau: l'article d'Ignacio Cembrero et l'existence présumée dans le rapport du PE sur les droits de l'homme d'une phrase comme celle-ci: "Un Rapporteur Spécial pour les droits de l'homme au Sahara occidental et au Sahel" (tel qu'indiqué dans sa lettre à ARSO);
B) - La partie qui prône la fausseté de la nouvelle a présenté les arguments suivants:
B.1) - Dans le rapport du PE sur les droits de l'homme il n'y a aucune allusion au Sahara occidental en dehors du paragraphe 46 et, par conséquent, rien ne s'y trouve sur le Rapporteur Spécial;
B.2). - La faculté de nommer un Rapporteur Spécial revient au Conseil de l'Union et non au Parlement. L'ignorance de ce fait est le poids restant au diplôme académique vanté par le Ministre;
B.3) - L'information n'apparaît sur aucun site web de l'Europe, qu'il soit officiel ou pas. Le seul qui a repris la nouvelle a éte Ignacio Cembrero dans son édition digitale (jamais imprimée) du quotidien El Pais. Mais ce journaliste, deux heures après avoir publié la nouvelle, il l'a retouchée justement pour  supprimer le paragraphe faisant réference au Rapporteur Spécial. Même si elle apparaît encore dans le sous-titre de l'histoire parce que les correspondants ne peuvent retoucher les titres ni les sous-titres une fois publiés;
B.4) -. En tenant compte que le Maroc s'oppose à l'extension du mandat de la MINURSO, le fait qu'aucun média officiel marocain ni aucun parti politique n'ait réagi face à cette "audace" du Parlement Européen, mène à se douter de la fausseté de la nouvelle;
B.5) -. Mêler le Sahara occidental au Sahel et, plus toxique encore, mêler les droits de l'homme du Sahara occidental au Sahel, comme persiste à signaler Ould Sidati dans sa lettre à ARSO, s'ajuste avec une précision millimétrique au modus operandi marocain;
B.6) -. Il n'y a aucune trace de cette information dans la page web du Rapporteur Spécial présumé ni dans son compte Facebook ni sur son Twitter, ni dans le Registre Public de son activité politique.
Certes, l'artillerie d'arguments avec laquelle cette partie avait blindé sa requête était plus que suffisante pour que le Secrétariat National laisse tomber les faibles arguments de la partie opposée et conclure ce qui a déjà été cité dans son Communiqué rendu publique le 06/01/2013, dans lequel il n'ya aucune trace de ce "trophée" supposé que Ould Sidati voulait nous vendre sans l'avoir, auparavant, chassé.
Pourquoi Ould Sidati a attendu si longtemps pour répondre à un article publié depuis le 26/12/2012?. Il a écrit son article le 07/01/2013, même s'il a été publié seulement le 01/08/2013. Parce que, tout simplement, il gardait l'espoir de trouver de la compassion et de l'indulgence auprès de la Session Ordinaire du Secrétariat National sahraoui. Faute de quoi il s'est retourné vers les pages d'ARSO en quête de protection et de refuge que le Secrétariat National sahraoui lui a niés. Et dans ce but, il n'hésite pas à faire recours à des méthodes que les Sahraouis détestent depuis 1988. En fait, l'allusion à une lignée d'une souche spécifique n'est pas adressée aux lecteurs d'ARSO, mais aux membres du Secrétariat National.

P:S.: Je profite de l'occasion pour dire à mon ami Said Mahamud que je n'ai jamais de la vie refusé de travailler au Brésil. Au contraire, j'ai fait tout ce que j'ai pu et plus encore pour rejoindre le poste qui m'a été désigné. Mes responsables directs et immédiats peuvent en apporter la preuve.

Haddamin Moulud Said
09.01.13
ibnuabirabiaa[at]yahoo.es

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